Focus réflexif pour le prochain stage
Points de progression essentiels à améliorer pour le prochain stage avec stratégies de progression et de remédiation
J’ai eu la chance de pouvoir suivre deux professeurs différents pour ma semaine de stage. J’ai remarqué que la posture enseignante de Mme Demir et de M. Valkenier était différente.
Mme Demir est quelqu’un de strict avec une attention très dirigée / presque dirigiste avec les élèves, elle est plus dans la démarche de les faire obéir et travailler et les « oblige » à être concentrés. Elle exige aussi le silence.
Mr Valkenier, prend le temps d’énoncer le planning de ce qu’il va faire durant la séance, il est plus « explicite » dans sa démarche, il prend le temps de répondre quand il y a des questions et donne un temps de paroles. Mr. Valkenier, n’exige pas le silence tant que celui-ci ne dérange pas ses explications ou les autres élèves.
Quand j’ai observé ces deux autorités différentes, je me suis demandé quelles étaient les différentes postures d’autorité pour apporter une meilleure qualité d’apprentissage selon ma personnalité et ce que je veux pouvoir « transmettre » au-delà de la matière à mes futurs élèves ?
J’ai eu envie de revoir les définitions de ce qu’était l’autorité :
Dans l’extrait suivant de « Réinventer l’autorité éducative », ici on revient à ce qu’est l’autorité dans l’essence même du mot. Comme dans l’extrait ci-dessous
« Sanction, punition ou abus de pouvoir, voici les notions souvent associées au mot autorité. L’étymologie latine nous raconte une autre histoire : autorité (auctoritas) fait référence à la légitimité des membres du Sénat romain à poser les fondations de projets à venir, à être garants de leur nature sacrée. Cette définition oppose l’autorité au pouvoir (potestas) et rappelle que celle ou celui qui détient l’autorité (l’auctor), fait grandir, produit, augmente la confiance, pose les fondements, etc.
La dimension dynamique, l’idée que l’autorité s’inscrive dans le temps, est omniprésente dans les travaux de recherche sur l’autorité éducative en contexte scolaire. La personne enseignante construit sa compétence d’autorité à partir d’un ensemble d’expériences vécues dont les éléments s’actualisent dans l’action et interagissent en continu. Celle-ci se développe dans l’ordinaire de la classe et pose la personne enseignante, celle ou celui qui sait faire apprendre, comme garant·e légitime des savoirs disciplinaires, qui organise des situations d’apprentissage afin d’assurer leur transmission. Elle ou il aménage un cadre éducatif qui doit en permanence évoluer ou être actualisé, il ne peut être ni rigide ni contraint (Gaussel, 2023). »
Dans l’extrait d’après, le mythe de l’autorité naturelle est aboli directement, car l’autorité est une compétence en tout premier lieu. Il ne faut pas s’attendre à être compétent dès le départ, rassurons-nous : l’extrait ci-dessous l’illustre très bien.
Il y a 3 étapes dans la construction d’une autorité ;
- Un temps d’observation de la part des élèves et
du professeur. - Un temps de test où les élèves éprouvent le cadre du professeur et ses limites.
- L’instauration de la relation pédagogique.
Selon ma propre expérience, comme l’autorité s’acquière comme toutes autres compétences, certains d’entre nous ont une ou des autorité(s) qu’ils ont déjà travaillés dans d’autres aspects de leur vie personnelle ou professionnelle, et il-elle peut alors les réutiliser, les retravailler à bonne escient dans un cadre éducatif.
En pratique :
Dans l’extrait du livre « L’autorité au collège, mode d’emploi », on parle de 6 types d’autorités qui sont des outils à disposition des enseignants.
1) Monarque (M) : Il sanctionne fortement tout élève qui déborde du cadre appliqué dans le milieu scolaire en annonçant que le comportement observé ne lui plaît pas. Il ne diminue pas la quantité de travail prévue même s’il y a un débordement. Il met une pression forte sur les élèves à ce sujet, mais applique quelques gratifications lors de moments clés dans l’année. Attention : ce n’est plus procréé dans le système éducatif actuel.
2) Leader (L) : Il installe une solidarité dans laquelle il est intégré et d’où il commande. Il mène alors un travail de groupe en donnant comme but le succès scolaire. Il va donner envie aux élèves de le suivre comme leader en deux étapes : une : inciter et approuver à voix haute le bon comportement ; deux : punir fortement ceux qui ne le suivent pas. Attention à ne pas mettre d’élèves sur le côté du groupe.
3) Prestige (π) : L’admiration est le grand pilier de ce type d’autorité, plus laborieux à mettre en place mais plus permanent. La valorisation des connaissances est primordiale pour lui.
Il a une grande exigence de lui-même dans tous les aspects de son travail et même en dehors, car il s’exerce sur tous les fronts, comme en « se montrant » régulièrement à des évènements scolaires ou culturels. Attention à garder l’attention sur la transmission du savoir et non sur le savoir en lui-même.
Dans le livre, il y a un test d’autorité qui est proposé et qui illustre ce que je viens de nommer et donne aussi la source d’où vient notre autorité, et je devrais même dire nos autorités car elles évoluent au fil du temps et des situations vécues.
Cf. les annexes photo, mais voici le résultat que j’ai obtenu en début de carrière pour l’exercice proposé.
Ces types d’autorités peuvent être utilisés en parallèle et cela dépend de la situation dans laquelle le professeur est. Il faut savoir que chaque professeur a une autorité de prédilection, mais se baser uniquement sur une seule autorité est caduc, car cela ne propose qu’un type de réaction qui peut entraîner le risque de blesser les élèves les plus sensibles et de rompre le lien qui les unit à leur enseignement. (pg 32 )
4) Arbitre (A) ; il place le règlement de l’établissement au centre de son autorité. Il autorise les élèves à prendre connaissance des règles collectives qui devront être respectées, mais si celles-ci ne le sont pas, il y a une sanction qui sera appliquée. Cela évite les décisions arbitraires, mais on doit faire attention à ne pas tomber dans l’autoritarisme et la désincarnation des relations interpersonnelles dues aux règles.
5) Expert (E) ; Il place la méthodologie comme point d’appui pour la réussite de ses élèves. Il les guide vers la réussite tout en les laissant réfléchir sur les outils qu’ils leur seront utiles. Il détecte les élèves avec des difficultés et les aide dans les démarches pour trouver des solutions. Attention à ne pas prôner la réussite à tout prix.
6) Contractant (X) ; Il crée un contrat en collaboration avec les élèves pour que ceux-ci se sentent acteurs de leur comportement et de leurs apprentissages. Il instaure une relation d’égal à égal avec eux. Attention à ne pas créer des règles trop laxistes et à ne pas empiéter sur le temps et l’engagement personnel du professeur.
Il est vrai aussi que l’autorité et les réponses appropriées a donné à un élève/groupe d’élèves pour garder son autorité est aussi un travail d’essai et erreur mais les livres lus ici aussi permettent d’aider à la mise en place d’exercices ou de situations analysées pour aider les enseignants (jeunes ou moins jeunes) d’avoir des pistes pour savoir comment réagir avec quel type d’autorité pour ne pas se retrouver dans le cas de ne pas savoir comment réagir.
Conclusion
L’observation des pratiques des deux professeurs que j’ai suivi lors de mon stage a souligné la diversité des postures d’autorités en classe. Chacune d’entre elles ont des points forts et des points faibles. Comme le souligne le livre « l’autorité au collège, mode d’emploi », il n’y a pas de recette universelle. L’autorité se construit au quotidien avec des essais et des erreurs tout au long de notre carrière.
Les six types d’autorités proposent un large éventail de outils que nous pouvons mettre à en place pour répondre aux cas auxquels nous pouvons être confrontés dans notre quotidien, mais elles doivent rester complémentaires les unes aux autres car une seule autorité ne sait gérer la complexité de la dynamique de classe.
Ma réflexion m’a poussé à comprendre que l’autorité éducative efficace repose sur une adaptation constante. Chaque situation, groupe, élève même peut exiger de moi une approche différente. Par exemple, l’autorité expert ou contractant, favorise l’esprit critique et l’autonomie (chez les élèves matures) alors qu’arbitre ou leader est nécessaire pour encadrer un groupe plus agité. L’erreur que je ne dois pas commettre est d’utiliser qu’une seule posture dans tous les cas qui se présenteront à moi sinon il y aura rupture du lien avec les élèves. Et c’est là que je pense perdre toute mon autorité.
Pour terminer, l’autorité se travaille, elle puise dans mon vécu personnel via mes observations en stage et mon travail et aussi en tant qu’élève. Elle évoluera avec le temps, les expériences vécues, les contextes et les défis rencontrés. Observer et pratiquer surtout (sous un œil attentif) m’a permis et me permettra dans le futur, de m’imprégner de la pratique de ces autorités afin d’enrichir ma propre palette.
La finalité de cela sera de tester consciemment les différentes autorités dans mon prochain stage en veillant à rester flexible et à l’écoute des réactions de mes élèves, afin de trouver un équilibre entre ferme et bienveillant pour que l’autorité, à laquelle j’aspire, est loin de s’imposer, s’augmente et élève, au sens premier du terme.
Bibliographie
Marie Gaussel (24 mai 2024). Quel est le sens de l’autorité éducative ? ÉDUVEILLE. https://eduveille.hypotheses.org/19607
Guillaume Caillaud, (mai 2013), L’autorité au collège, mode d’emploi, le café pédagogique et ESF éditeur
Annick Faniel et Christine Acheroy (31/12/2019), Réinventer l’autorité éducative. Pour aider l’enfant à grandir dans l’humanité, publié par le centre d’expertise et de ressources pour l’enfance (CERE), étude soutenue de la FWB
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